À la pointe de La Mulatière, là où le Rhône file vers sa confluence avec la Saône, d’immenses halles de briques abritent un nouveau souffle. Pendant plus d’un siècle, on y réparait des locomotives. Aujourd’hui, on y danse, on y mange et on y écoute de la musique jusqu’à l’aube. Bienvenue aux Grandes Locos, le pari culturel le plus audacieux de la métropole lyonnaise.
Que sont les grandes locos de la métropole de Lyon ?
Les Grandes Locos occupent un ancien technicentre de la SNCF, à La Mulatière, aux portes sud de Lyon. En 2023, la Métropole de Lyon a racheté les halles 8 et 9 de ce site industriel pour les convertir en pôle culturel. Le résultat tient en un contraste saisissant : des charpentes métalliques brutes, des volumes vertigineux et une programmation artistique qui remplit ces espaces de vie.
Le lieu ouvre au public en 2024 et frappe fort dès sa première saison. Plus de 400 000 spectateurs franchissent ses portes en un an. La jauge atteint près de 11 500 personnes lors des grands soirs, ce qui place les Grandes Locos parmi les plus vastes scènes événementielles de la région. Ce goût pour les lieux atypiques se retrouve un peu partout dans la ville, des friches réhabilitées aux adresses insolites de Lyon qui sortent des sentiers battus.
Une mémoire ferroviaire vieille de plus de 170 ans
Les Grandes Locos en chiffres
Anciennes halles 8 et 9 d’un technicentre SNCF, rachetées par la Métropole de Lyon en 2023 et ouvertes au public en 2024.
L’aventure commence en 1846, quand la compagnie des hauts fourneaux, forges et ateliers d’Oullins installe ses premiers bâtiments. Durant cent soixante-dix ans, ouvriers et ingénieurs y assemblent puis entretiennent des locomotives à vapeur, remplacées plus tard par des machines électriques. Le site devient un poumon industriel et forge l’identité ouvrière du quartier.
En 2019, le technicentre ferme ses portes au fil d’une lente reconversion. La SNCF garde la propriété d’une partie du terrain, vaste de plusieurs dizaines d’hectares. Le nom choisi rend hommage à ce passé : les Grandes Locos gardent en mémoire les machines qui ont vécu ici. Cette histoire se lit encore dans chaque rivet et chaque verrière des halles.
Trois grands rendez-vous culturels chaque année
Le site accueille désormais trois festivals phares de l’agenda lyonnais, qui ont quitté les anciennes Usines Fagor pour ces halles plus généreuses :
- Les Nuits Sonores s’emparent des halles et des espaces extérieurs fin mai, avec une acoustique qui profite des volumes industriels.
- Le Lyon Street Food Festival déploie ses cuisines et ses stands gourmands fin juin, le rendez-vous le plus savoureux de la ville.
- La Biennale de Lyon investit une halle de 10 000 m² dédiée à la création, où l’art contemporain et la danse occupent un décor chargé de sens.
Entre ces temps forts, ateliers et expositions ponctuent la saison. La note moyenne des visiteurs, 4,7 sur 5 pour plus de 230 avis, confirme l’enthousiasme du public. Après une soirée gourmande au Street Food Festival, beaucoup repartent avec une envie de prolonger l’expérience : nos souvenirs gourmands à rapporter de Lyon complètent idéalement ce genre de visite.
Comment s’y rendre et bien préparer sa visite ?
L’adresse à retenir : 10 rue Gabriel Péri, 69350 La Mulatière. Le plus simple reste le métro. La ligne B vous dépose à la station Gare d’Oullins, à quelques minutes de marche du site. Un vrai atout pour profiter des soirées sans souci de retour.
Un point mérite votre attention : le site ne dispose d’aucun parking. Les organisateurs invitent à laisser la voiture de côté et à privilégier les transports en commun ou le vélo. Si vous venez en voiture malgré tout, comptez sur le stationnement de voirie autour de la gare d’Oullins, souvent saturé les soirs d’événement. Pensez à vérifier les horaires propres à chaque festival avant de partir, car le lieu n’ouvre pas en continu hors programmation.
Un lieu qui se transforme année après année
Les Grandes Locos avancent dans une logique d’urbanisme transitoire. Jusqu’en 2028, les espaces évoluent au rythme des travaux et chaque saison réinvente l’agencement des halles. Cette souplesse fait partie du charme : revenir, c’est presque toujours découvrir un lieu différent.
L’ambition dépasse la seule programmation festive. D’ici 2027, certaines halles abriteront des ressourceries créatives tournées vers le réemploi des matériaux. À plus long terme, le quartier doit mêler création artistique, espaces de vie et services du quotidien. De simple friche ferroviaire, les Grandes Locos se muent en morceau de ville. Une raison de plus de garder un œil sur ce coin de Lyon qui n’a pas fini de surprendre.





